Tout ce que vous devez savoir sur les Régimes enregistrés d’épargne-études

REÉÉ

 

Si vous avez un jeune enfant, vous avez sans doute déjà reçu l’appel d’une personne voulant vous vendre un Régime enregistré d’épargne-études (REÉÉ). Les REÉÉ sont des produits complexes et souvent mal connus des parents. Avant d’entreprendre un tel programme d’épargne, il est important de définir la place que prendra ce projet dans votre vie. Voici quelques informations simples qui vous aideront à faire un choix éclairé.


Les REÉÉ sont-ils vraiment avantageux?

Pour nous, l’ACEF du Nord, les études postsecondaires devraient être gratuites pour permettre à tous et toutes de faire des études, peu importe leurs revenus ou ceux de leurs parents. À tout le moins, l’accès aux études devrait être assuré collectivement, par l’État, à travers un programme de bourses. Malheureusement, ce n’est pas le cas et on sait que les études peuvent coûter très chères. Alors, si vous souhaitez épargner pour les études de votre enfant, un REÉÉ peut être un véhicule de placement intéressant, car il permet d’obtenir différentes subventions gouvernementales. Au Québec, il existe trois subventions : le Bon d’études canadien, la subvention canadienne pour l’épargne-études et l’incitatif québécois à l’épargne-études. Plus vos revenus sont faibles, plus les subventions sont généreuses.

Un des aspects intéressants de certaines de ces subventions, c’est que vous n’êtes pas obligé de cotiser vous-mêmes au REÉÉ pour les recevoir. C’est le cas du Bon d’études canadien (BÉC), qui vous permet de recevoir jusqu’à 2000$ sans débourser un sous. Prenez le temps de vous informer sur les conditions du régime auquel vous souhaitez souscrire parce que certains régimes exigent des cotisations régulières, ce qui élimine un des avantages du BÉC. Certains régimes aussi ne permettent même pas de l’obtenir.

Les REÉÉ peuvent également être intéressants pour votre enfant parce que peu importe le montant  que vous y aurez accumulé, ces sommes ne seront pas considérées par l’aide financière aux études quand viendra le temps de calculer le montant de prêts et bourses auquel le jeune aura droit.

 


L’envers de la médaille…

Malheureusement, tout n’est pas si rose au pays des REÉÉ… En effet, il n’est pas rare de rencontrer des personnes qui vivent des difficultés financières après avoir souscrit à certains régimes qui leur ont été mal expliqués. Ces personnes se retrouvent alors avec des engagements financiers qui ne sont pas réalistes par rapport à leur budget, et ce, pour plusieurs années.

En effet, certains types de REÉÉ à cotisation obligatoire exigent un engagement à long terme. On vous demande alors de faire des cotisations régulières. Dans ces cas, si votre situation devenait précaire, vous pourriez avoir à faire des choix difficiles. On voit souvent, à l’ACEF, des gens qui font le choix de couper dans leurs besoins essentiels (médicaments, épicerie, etc.) parce qu’ils ne veulent pas fermer leur régime pour ne pas risquer de perdre les intérêts accumulés.

De plus, n’oubliez pas que les sommes d’argent placées dans un REÉÉ peuvent être utilisées exclusivement pour les études postsecondaires. Vous n’aurez donc pas accès à votre argent avant la fin du régime. Si vous décidiez de retirer cet argent parce que vous en avez besoin pour d’autres projets ou simplement parce que votre situation financière a changé et que vous en avez besoin pour vivre, des pénalités pourraient s’appliquer.

Un REÉÉ en trois étapes faciles

C’est pourquoi, avant de souscrire à un REÉÉ, il est important de réaliser ces trois étapes :

1-     D’abord, déterminez quelle somme vous êtes capable d’épargner. Faire ses prévisions budgétaires devrait être la première étape de tout projet d’épargne. Avant de décider de cotiser à un REÉÉ, commencez par estimer vos revenus et vos dépenses fixes et variables sur une base annuelle. Un projet d’épargne ne devrait être envisagé que si vos revenus sont supérieurs à vos dépenses.

2-     Ensuite, évaluez le montant que vous avez besoin d’économiser.

3-      Finalement, renseignez-vous sur les types de REÉÉ disponibles. Il existe trois types de régimes : les régimes familiaux, les régimes individuels et les régimes collectifs, desquels il faut se méfier.

Méfiez-vous des  régimes collectifs!

Les régimes collectifs sont ceux qui sont proposés par les fondations privées.

Dans le cas des régimes individuels et familiaux, vous fixez vous-mêmes le montant et la fréquence des cotisations que vous souhaitez faire. Il en va tout autrement pour les régimes collectifs. Les cotisations se font sous forme d’achat de parts (parfois appelées plans). C’est donc le fournisseur du régime qui impose les montants et la fréquence des cotisations. Cette situation peut rapidement devenir un problème parce que pour garder votre régime ouvert, vous devez obligatoirement verser la cotisation. Les reports sont parfois permis, mais même dans ces cas, toutes les cotisations reportées doivent être versées dans un délai déterminé. Ces régimes sont donc beaucoup plus rigides et ne tiennent pas compte des difficultés qu’une personne peut rencontrer dans sa vie : séparation, perte d’emploi, etc.

 

De plus, les règles sont généralement plus strictes en ce qui concerne notamment les modalités de versements des bourses, le changement de bénéficiaires ou même la liste des programmes d’études reconnus. Les différents frais (adhésion, administration, frais de pénalités pour retrait de capital avant la fin du contrat, etc.) sont souvent plus élevés que pour les deux autres types de régime.

Des produits complexes

Les REÉÉ sont des produits complexes. Informez-vous comme il faut pour bien comprendre les caractéristiques du produit. Par exemple, quelles sont les institutions d’enseignement et les programmes d’études qui sont reconnus? Qu’est-ce qui arrive si votre enfant décide de ne pas faire d’études ou si le programme choisi n’est pas admissible? Pouvez-vous récupérer vos revenus de placement?

Avant de faire votre choix et de souscrire à un REÉÉ, assurez-vous de vous informer comme il faut, de comparer les différents produits et d’évaluer votre capacité financière pour ne pas avoir de mauvaises surprises.

Pour avoir de l’information neutre sur les REÉÉ, vous pouvez consulter le site des associations de consommateurs : tout bien calculé ou celui de l’Union des consommateurs