23 novembre 2018 – La journée sans achats : la réplique au Black Friday

 

JSA

Une véritable vague publicitaire s’est abattue sur le Québec et le reste du monde occidental ces derniers jours, celle du Black Friday, ou du Vendredi fou en français. Soldes éclairs, quantités limitées, rabais gargantuesques… Tout semble y être pour faire de bonnes affaires. Certains sondeurs prévoient d’ailleurs que la moitié des Canadiens et des Canadiennes tentera d’en profiter.

Tel un pied de nez aux invitations envahissantes à l’achat démesuré du Black Friday, la journée sans achats a été créée pour permettre à  chacune et chacun de prendre un pas de recul pour réfléchir à ses propres habitudes de consommation et, plus largement, aux impacts sociaux, économiques et écologiques de la consommation des pays riches sur l’ensemble de la planète. Ainsi, la journée sans achat, c’est aussi une journée de protestation contre la société de consommation et ses conséquences : dégradation de l’environnement, exploitation des travailleurs et des travailleuses, endettement, etc.

 

24 h pour méditer sur nos habitudes de consommation

Réfléchir à ses habitudes de consommation, c’est se questionner sur ce qui nous amène à consommer. On parle souvent de l’importance de distinguer les besoins des désirs. Mais, si on y réfléchit bien, chaque désir ne répond-t-il pas, au fond, à un besoin?

Je dépense donc je suis

Acheter des vêtements, par exemple, est un besoin. En avoir d’une certaine marque relève du désir. Mais acheter des vêtements d’une certaine marque répond aussi peut-être à un besoin d’appartenance. Acheter beaucoup de vêtements pourrait répondre à un besoin de sécurité. Ainsi, l’important, c’est surtout de savoir quel besoin (reconnaissance, fierté, plaisir, apaisement, relâchement d’une tension, combler un vide, …) est en jeu quand on achète tel ou tel produit.

Si c'est si dur d'avoir ce qu'on veut...

Crédit: Fred Gingras

 

La publicité comme arme de persuasion

Il serait facile de ne blâmer que le consommateur pour ce désir ardent de toujours posséder et acheter plus. Toutefois, on sait que depuis des décennies déjà, les publicitaires jouent sur nos besoins pour nous faire dépenser plus. Tous les jours, les compagnies utilisent différentes stratégies pour nous convaincre que leur produit vaut notre argent.

 

Vendez-moi

Pour ce faire, le mitraillage publicitaire s’intensifie. Selon le cabinet d’études Yankelovich Partnerschaque Américain serait exposé à 5000 publicités par jour. La publicité cherche à nous faire croire que le bonheur passe par l’acquisition d’une voiture, d’une nouvelle paire de chaussures, etc. On tente de nous convaincre qu’on ne peut pas être heureux si l’on ne consomme pas.

Cela nous influence inévitablement, même si l’on connaît les techniques. À force d’être répétés, les messages publicitaires marquent notre inconscient et influent sur nos comportements. De plus, des études ont démontré que, de nos jours, un enfant moyen est capable de reconnaître des centaines de logos corporatifs sans toutefois être en mesure de nommer plus d’une dizaine d’arbres.

 

Des stratégies marketing surprenantes!

D’autres tactiques plus surprenantes sont de plus en plus répandues dans l’industrie pour inciter la consommation. Le placement de produits et le phénomène des « influenceurs » en sont de bons exemples. De plus, depuis quelques années, les entreprises ont commencé à adopter des stratégies de rétention des consommateurs afin que ceux-ci passent plus de temps dans un magasin et que, du même fait, ils consomment plus. L’exemple classique de cette dynamique est celle du magasin IKEA qui envoie le consommateur dans un labyrinthe de décors intérieurs charmants, incitant le consommateur à acheter plus. Or, lors du Vendredi fou, ce sont non seulement la disposition du magasin, mais aussi les divers soldes, parfois planifiés sur une base horaire, qui peuvent inciter le consommateur à rester.

 

Le 23 novembre, on n’achète pas!

Adhérez à la journée sans achat et prenez donc la journée du 23 novembre pour réfléchir à toute cette pression publicitaire qui nous pousse à consommer, souvent  bien au-delà de nos capacités financières, avec un impact non-négligeable pour le climat.